West Side Story : La critique de la comédie musicale.

West Side Story : La critique de la comédie musicale.

Contexte du film de Steven Spielberg

Le 19 août 1957, la comédie musicale West Side Story est jouée pour la toute première fois au National Theatre de Washington. Soixante-quatre ans plus tard, Steven Spielberg a choisi un groupe de jeunes acteurs, chanteurs et danseurs pour réaliser un film musical, que nous examinons ici, nommé aux Oscars dans sept catégories, dont celles du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur second rôle féminin et du meilleur son. La comédie musicale originale est une œuvre écrite par Stephen Sondheim (paroles) et Leonard Bernstein (musique). Librement inspirée de la tragédie Roméo et Juliette écrite par William Shakespeare, la pièce se déroule à New York dans les années 1950 et raconte la rivalité entre deux bandes d’adolescents. Entre les deux, Tony et Maria émergent au fur et à mesure qu’ils se rencontrent et tombent amoureux alors que tout autour d’eux s’effondre dans un affrontement sans recours. Le film est disponible sur Disney+ depuis le 3 mars. Si vous êtes curieux de connaître nos opinions, lisez notre critique de West Side Story.

Synopsis du film

Basé sur la comédie musicale du même nom, le film West Side Story est la deuxième adaptation, après celle de 1961 de Robert Wise et Jerome Robbins. Nous sommes en 1950, dans l’Upper Side de New York. Dans cet environnement, il y a deux gangs qui sont désespérément rivaux. Ce sont les Jets – des immigrants européens de deuxième génération – et les Sharks – des immigrants portoricains. Les Jets revendiquent leur place au sein du territoire new-yorkais, profitant du bal qui se tiendra bientôt dans le gymnase de l’école. C’est dans cet environnement tendu, toujours prêt à attaquer, que se rencontrent Tony – le fondateur du groupe Jets, avec son ami Riff – et Maria, la sœur du fondateur du groupe Shark, Bernardo. Il n’y a pas de retour en arrière entre les deux, car ils tombent amoureux au premier regard. Leur histoire d’amour doit cependant composer avec la haine qui a longtemps usé les deux communautés, jusqu’à une fin tragique qui aura la couleur rouge du sang versé et non de l’amour donné.

L’ adaptation cinématographique a triomphé dans dix catégories aux Oscars

Après la première adaptation cinématographique, qui a triomphé dans dix catégories aux Oscars, Spielberg tente aujourd’hui de faire revivre le célèbre classique de 1957 dans ce qui constitue sa première incursion dans le monde de la musique de film. L’histoire de West Side Story est bien connue de tous ceux qui savent – ne serait-ce que par les rumeurs entendues dans la rue – qui étaient Roméo et Juliette. Car tout comme le classique de Shakespeare qui se déroule dans la Vérone de la Renaissance, nous passons ici à une histoire d’amour tragique dans le New York des années 50. Un cadre différent, une période historique différente, mais la même histoire d’amour tragique de deux jeunes gens qui ne peuvent pas réaliser leur rêve à cause de la haine qui se déchaîne entre deux gangs si différents culturellement l’un de l’autre, mais si proches musicalement et dans leur objectif commun : affirmer leur domination sur un territoire qu’ils estiment leur revenir de droit.

Les personnages du film

Ansel Elgort incarne Tony, le chef du gang des Jets, un ancien fauteur de troubles qui, après avoir passé un an en prison, a décidé d’être une meilleure personne et de s’éloigner définitivement du crime. Tony est un personnage positif dans le film, qui, comme le Roméo de Shakespeare, espère que, grâce à son amour pour la belle et pure Maria/Giulietta, il pourra réconcilier deux gangs qui s’affrontent depuis trop longtemps. Quant à son personnage, Ansel Elgort est apparu beaucoup plus discret qu’il n’aurait dû l’être. C’est le visage du « gentil » qui l’a trompé, éloignant le spectateur de la réalité qu’il vit en regardant le film. Ce qui vient à l’esprit en regardant Ansel Elgort jouer Tony, c’est : est-ce que ce visage d’ange a vraiment été en prison et a frôlé le meurtre ?

Le cœur de la nouvelle production est Rita Moreno, qui jouait le personnage d’Anita en 1961 (rôle confié à Ariana DeBose dans la version plus récente). Rita joue le rôle de la propriétaire veuve du Doc’s Drugstore. L’actrice représente ce lien entre le passé et le présent, sans tomber dans le ridicule, mais en laissant sa performance discrète. Si Rita est le cœur du passé de West Side Story, Ariana DeBose en est sans aucun doute le cœur moderne. Chargé de cran et de vitalité, le personnage d’Anita domine la scène, grâce aussi à une personnalité animée comme celle d’Ariana, qui parvient à capter l’attention sur elle, volant très souvent la scène même aux protagonistes de l’histoire. Ensuite, nous avons Maria, interprétée ici par Rachel Zegler, une jeune fille qui vit avec son frère à New York depuis un certain temps. Une fille dont on sait très peu de choses, hormis le fait qu’elle a un fort désir d’aller à l’université et qu’elle est amoureuse de Tony. Malheureusement, Maria ne parvient pas à se faire connaître du spectateur qui, malgré lui, est incapable de compatir à sa douleur.

West Side Story

Ce qui définit l’histoire de Spielberg, c’est avant tout les couleurs utilisées pour caractériser les scènes. La palette de couleurs est d’abord très discrète, puis elle explose en tons vibrants lors des répétitions de danse des deux gangs. Les couleurs caractérisent aussi particulièrement les différents types de personnages. Nous avons les Jets, dont la couleur est notamment le bleu de leurs jeans – typique du monde américain de l’époque – contrairement aux Sharks, qui explosent de couleurs différentes, avec les vêtements flamboyants des femmes et ceux composés des hommes. Les images du film, le plus souvent, se détachent du monde du cinéma et se catapultent dans le monde du théâtre, dans une pâle imitation de ce qui se passe sur une scène. Les rues deviennent fausses, le naturalisme disparaît et le théâtre prend vie dans un monde trop faux pour avoir une quelconque crédibilité.

La musique et les voix de cette nouvelle version de West Side Story

La musique et les voix de cette nouvelle version de West Side Story sont très fortes. Rachel Zegler possède une puissance de chant considérable et parvient à être autonome et à prendre conscience de sa voix lorsqu’elle chante. Cependant, les chansons qui devraient être au centre du film – les duos entre Tony et Maria – ne parviennent pas à captiver pleinement le public. Les deux acteurs principaux ne semblent pas vivre pleinement la grande passion qui implique leurs deux personnages et qui modifie leur époque et la dimension dans laquelle ils vivent, rendant cet amour éternel fade. En revanche, les chants choraux, ainsi que les chorégraphies – notamment celles dont les protagonistes sont les Requins – sont le point fort de la version de Spielberg. Les personnages secondaires sont en fait beaucoup plus profonds que les deux protagonistes. Ils ne sont pas seulement des catalyseurs pour la mise en scène de l’histoire, mais les deux parties représentent – à leur manière – le rêve américain, en essayant de comprendre ce que signifie vivre en Amérique, mais surtout vivre l’Amérique des années 50, au prix de la perte de sa vie.

 

Bande annonce :

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