En résumé :
Transformer l’esthétique de Wes Anderson en réalité
Wes Anderson est un réalisateur dont le style est très facilement identifiable. Chaque plan de ses films a une énergie visuelle unique, et en fait un auteur à part entière. Pour la réalisation de sa nouvelle série inspirée des histoires courtes de Roald Dahl, Anderson a fait appel à Kasia Walicka Maimone, costumière et Adam Stockhausen, décorateur. Ces deux collaborateurs de longue date ont joué un rôle clé pour traduire la vision artistique de Anderson à l’écran.
Création des mondes uniques de Anderson
Faisant ses débuts avec l’histoire « The Wonderful Story of Henry Sugar », Anderson a su créer pour chacun de ses courts-métrages un univers à part entière. Comme le note Walicka Maimone, la force du langage visuel de Anderson est impressionnante à observer, surtout quand il est à l’apogée de son expression artistique.
Voici comment l’équipe derrière « The Wonderful Story of Henry Sugar » a accompagné Anderson dans ses hauteurs créatives.
Élégance vestimentaire dans « Henry Sugar »
Dans le monde de « Henry Sugar », il y a beaucoup de connexions avec notre propre univers, notamment avec la cabane d’écriture de Dahl, fidèlement reconstituée. Mais comme dans de nombreux films de Anderson, le temps où se déroule l’histoire est plus énigmatique. C’est ce qu’explique Walicka Maimone en affirmant que chaque film de Anderson se situe dans sa propre époque.
Pour concevoir les costumes, elle a puisé dans une large gamme d’inspirations et de couleurs. L’ensemble est très maîtrisé, avec une vision du monde presque comme une image Kodachrome. Cela se traduit par des costumes allant du pull d’écriture automnal de Dahl aux uniformes baroques de cirque.
Malgré le fait que les courts-métrages soient des productions plus modestes que des projets plus récents sur lesquels Walicka Maimone a travaillé, elle considère chaque personnage comme un joyau à explorer. Pour « Henry Sugar », par exemple, tout est dicté par une palette aux nuances très britanniques, qui fait écho aux traditions d’élégance profondément ancrées dans le pays.
Grâce à la prose de Dahl, les costumes ont pu être fabriqués à partir de zéro, parfois avant même l’intervention du département des costumes. C’est dû au sens du détail et à la vision hors norme de Anderson, qui fait preuve d’une collaboration étroite avec ses designers. Chaque réalisation évoque un travail d’orfèvrerie. « Il y a un concept très fort, une idée très forte, et nous faisons appel aux meilleurs de l’industrie pour réaliser ces idées », ajoute Walicka Maimone.
Magie théâtrale : la mise en scène de « Henry Sugar »
Si Stockhausen, qui a déjà réalisé six films avec Anderson, est habitué à son style, le réalisateur a tout de même réussi à le surprendre sur cette nouvelle production. Les films de Anderson sont de plus en plus élaborés au fil des années, et « The Wonderful Story of Henry Sugar » marque une nouvelle étape dans l’évolution de son style. Chaque film est raconté presque entièrement face caméra, comme une pièce de théâtre, les personnages disant à la fois des répliques et de la narration directement inspirée des textes de Dahl.
Anderson confie qu’il souhaitait une mise en scène pouvant se faire en temps réel, où les décors évoluent tout en restant sur le même plateau de tournage. Cela s’est avéré être un défi pour Stockhausen, qui a dû faire appel à son expérience dans le théâtre pour faire entrer et sortir les décors du champ de la caméra.
Une des astuces préférées de Stockhausen consistait à utiliser un trompe-l’œil pour donner l’illusion que l’acteur lévitait. Cette astuce simple, mais efficace, rappelle les premières réalisations de Anderson. Comme le dit Stockhausen, « la magie de ‘Henry Sugar’ est la façon dont on vous montre la boîte à pomme tout en parvenant quand même à tromper vos yeux ».
Cette astuce ne s’arrête pas qu’aux effets spéciaux. Un des courts-métrages a même été tourné entièrement sur un parking à l’extérieur des studios de l’équipe, prouvant qu’avec de l’imagination, tout peut faire partie d’un film de Wes Anderson.
« The Wonderful Story of Henry Sugar » est disponible en streaming sur Netflix à partir du 27 septembre, suivi de « The Swan » le 28 septembre, « The Rat Catcher » le 29 septembre, et « Poison » le 30 septembre.
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