Critique de Black Widow le film Marvel !

Critique de Black Widow le film Marvel !

Un film solo sur une héroïne populaire au visage de Scarlett Johansson, sans superpouvoirs

Après un délai long et tendu, le projet préféré des fans est enfin entré dans les salles de cinéma. Compte tenu des événements du film Avengers : Endgame c’est en fait une sorte d’adieu au personnage. Un film solo sur une héroïne populaire au visage de Scarlett Johansson, sans superpouvoirs en dehors de son entraînement acharné, promettait d’être un film d’action, une sorte de film d’espionnage, en plus de la révélation définitive des nuances plus exactes de l’origine du personnage, ce qui pourrait faire un clin d’œil à l’agréable surprise qu’a été le très terre-à-terre mais excellent Captain America : First Avenger, qui fait office de révélation parmi les autres films Marvel

A-t-il réussi, ou est-ce qu’il est resté bloqué à mi-chemin ?

Black Window (Veuve noire), le film qui porte le nom de Natasha Romanoff, connaît l’un des meilleurs démarrages de l’MCU. Il présente rapidement l’intrigue, les personnages principaux et le contexte du film, et révèle en grande partie l’origine du personnage principal, dont l’aventure solo tourne autour de la Chambre rouge, où des agents féminins d’élite, dont la protagoniste, ont été formées.

L’intrigue de Black Widow

L’intrigue principale du film se situe (logiquement) entre les deux films les plus connus et les plus importants de tout l’univers jusqu’à présent, et met en scène deux méchants, dont l’un est un assassin d’élite, imitant les styles de combat et les capacités de chacun des héros connus ; Taskmaster, tandis que l’autre est Dreykov, la mystérieuse éminence grise à la tête de toute l’organisation secrète de la Salle Rouge (dans le MCU, il n’a été mentionné que dans le premier épisode du film Avengers).

Photo : Marvel Studios

Une histoire avec beaucoup d’allers-retours entre le passé et le présent

En tant que tel, l’histoire fait souvent des allers-retours entre le passé et le présent, et bien qu’il s’agisse d’un film autonome, pour mieux s’y retrouver dans la chronologie et le contexte, il est désormais (comme c’est de plus en plus souvent le cas pour Marvel Studios) absolument nécessaire de connaître les films précédents, notamment Captain America : Civil War et ceux qui tournent d’une manière ou d’une autre autour de ce super-héros, de l’organisation S.H.I.E.L.D., et de tout ce qui touche de près ou de loin à l’histoire de Black Widow dans l’univers fictif. Ce qui fonctionne bien, en plus de l’ouverture intéressante du film, ce sont les personnages secondaires.

Photo : Marvel Studios

La “sœur” de Natasha, interprétée par Florence Pugh, est sans conteste l’élément le plus distinctif.

Elle joue ici le rôle d’un grand pendant féminin, plus “grossier”, que la protagoniste principale. Ces deux-là sont plus qu’habilement secondés tout au long du film par le “père” David Harbour, qui se voit confier le rôle du Gardien rouge (pour le contexte, disons qu’il s’agit de la réponse russe au projet de super-soldat, c’est-à-dire la version soviétique de Captain America). Il joue ici un rôle plus ou moins comique et il est un peu dommage que ce personnage, doté d’une force brute, ne soit pas plus utilisé dans les scènes d’action. Rachel Weisz joue plutôt le rôle de second violon, bien qu’elle soit importante pour l’intrigue.

Photo : Marvel Studios

Le personnage Taskmaster est-il sous-utilisé ?

Taskmaster au début inspire vraiment le respect et soulève de nombreuses questions, mais au final, il est douloureusement sous-utilisé et sa mise en place dans l’univers du film risque de ne pas plaire aux fans de sa forme en bande dessinée. Ce qui est moins hilarant plus loin, ce sont les scènes d’action montées parfois étrangement trépidantes et la résilience des personnages. Il s’agit évidemment d’un film de super-héros, mais le but est de rendre l’action au moins un peu crédible. Que le protagoniste soit un dieu nordique du tonnerre ou un agent secret sans superpouvoirs, cela fait une différence. Cependant, même si l’action est exagérée, on ne peut pas dire qu’il y ait une seule séquence du film qui coupe le souffle du spectateur, ou du moins qui l’amène à se soucier du sort des personnages (aussi artificiel soit-il). Dans un métrage un peu trop long, nous arrivons simplement à un final classiquement Marvel-esque dans lequel le méchant principal, ses motivations et – la fin – sont révélés. Cependant, l’interconnexion avec d’autres projets Marvel (également sérialisés) est un délice à la fin.

Photo : Marvel Studios

Notre Verdict

Ce qui avait commencé comme un film de genre sombre et assourdi, avec le potentiel de sortir de l’uniformité du MCU à la manière du deuxième Captain America, s’est transformé à mi-parcours en un film Marvel un peu longuet, sûr et ordinaire, avec d’innombrables lieux de tournage et de l’action démesurée, dans lequel Scarlett Johansson semblait quelque peu déplacée aux côtés des excellents David Harbour et Florence Pugh.

Le début sans concession jette le spectateur face à des héros qui sont brisés avant même d’avoir commencé quoi que ce soit. Black Widow agit seule, puis, d’une manière ou d’une autre, tout s’écroule et la maturité dont elle a fait preuve lui est enlevée, comme pour atteindre un public plus jeune dans la seconde moitié. Le film fonctionne bien en tant qu’interlude, illustrant l’histoire de l’un des personnages préférés du public que Marvel Studios a introduit jusqu’à présent, sauf que cette histoire n’est finalement pas si intéressante ou si importante. L’action potentiellement démesurée de l’année se solde par un film de bande dessinée légèrement supérieur à la moyenne qui, bien que divertissant, déçoit à certains endroits (le Taskmaster sous-utilisé) et n’a pas le courage d’être autre chose qu’un ” autre film Marvel “, dont l’action démesurée finit par le faire renoncer à son ton grinçant initial. Et c’est une grande honte. Black Widow est un film qui fait tout ce qu’il faut dans le genre, mais il lui manque quelque chose en plus, même si cela ne déshonore pas le personnage et fonctionne bien comme une punchline à sa performance…

 

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