Fort De Villey Le Sec

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Catégorie : Fortifications

L'ouvrage fut étudié à partir du 5 décembre 1873 et déjà le site présentait de grosses difficultés puisque le village occupait l'emplacement idéal pour l'implantation du fort. Si la solution de raser le village fut évoquée, le génie du se résoudre à utiliser le site au mieux face au caractère d'urgence des travaux : la démolition du village aurait retardé d'autant le délai d'édification de l'ouvrage et surtout le coût de celui-ci.

Cependant, le projet fut lancé et dés le 24 août 1874, l'entreprise Morel, occupée à des travaux similaires à Belfort obtint l'adjudication de la maîtrise d'ouvrage. Le décret de déclaration d'intérêt public et d'urgence fut publié le 4 décembre 1874 et dés le 12 février 1875, l'exploitation de la carrière dite "de la Chalade" fut autorisée. Toutefois, les travaux durent attendre l'approbation du ministre de la guerre en date du 28 juin 1875 et celle du directeur supérieur le 1er juillet . Durant ces quelques mois, le plan fut parfaitement étudié et des travaux préparatoires entrepris : établissement d'un plan incliné entre la carrière et le fort, délimitation des terrains et ébauche des actes d'expropriation.

Les travaux commencèrent le 26 juillet 1875 avant même que la question des acquisitions ne fut totalement réglées : les terrains des batteries Nord et Sud ne seront acquis qu'en octobre. Il s'en suivi une longue période de quatre ans de construction durant laquelle des centaines d'ouvriers travaillèrent avec hâte. On commença par l'édification des crêtes d'artillerie, puis par le creusement des fossés, ce qui permis de mettre rapidement en état de défense les batteries. Toutefois, au réduit, on du attendre la construction de la caserne puisque cette dernière supporte le parapet

Le fort de Villey-le-Sec fut achevé dans son ensemble en 1879, seule la tourelle Mougin dénommée G , commandée le 14 août 1878 à la société des Forges de Chatillon-Commentry ne fut installée qu'en 1882. elle nécessita la construction d'un plan incliné et d'une voie ferrée de 203 mètres . Le fort pouvait alors accueillir une garnison de 1301 hommes, composée de 37 officiers, 56 sous-officiers et 1208 soldats, nécessaires au services de 36 pièces de rempart, de 8 mortiers et 24 pièces de flanquement .

Si l'ensemble fut original de par sa construction, il le fut également par son prix : c'est le fort le plus cher de Toul, une facture deux fois plus élevée que le fort de Lucey qui présente un plan semblable au réduit de Villey-Le-Sec. Mais face à cette masse financière, un ensemble exceptionnel et unique. L'impossibilité d'exécuter la construction là où il aurait été souhaitable, avait conduit à fortifier l'ensemble du village et à entourer ce dernier d'une enceinte et de batteries. C'est le seul exemple de village à l'intérieur d'un fort en fortification française moderne.
La crise de 1885

En 1885, la mélinite, découverte par Turpin, remplaça la poudre noire dans le chargement des obus, et on donna à ces derniers, une forme cylindro-ogivale. Les nouveaux projectiles réduisaient à néant les voûtes les plus solides, et pour s'en convaincre, on sacrifia le fort de La Malmaison. L'artillerie venait de rompre l'équilibre et partout, les ingénieurs militaires se remirent au travail.

Les forts ne pouvant plus contenir l'artillerie, on du disperser cette dernière dans l'intervalle. Le fort devint un point d'appui sur une ligne de défense constituée de batteries, protégées par des organisations d'infanteries. Cette mesure eût pour conséquence une infrastructure beaucoup plus lourde et l'absorption d'effectifs croissants. Il fallait préparer dès le temps de paix, la ligne des batteries principales et la protection de ces dernières nécessitait la construction d'ouvrages intermédiaires. La répartition des différents organes actifs dans l'intervalle posait la question du ravitaillement. Le transport et le stockage devenaient crucial et impliquaient l'organisation d'une ligne de soutien

Toutefois, le fort, bien qu'ayant perdu une partie de son artillerie, conservait un rôle important : forcer l'intervalle sans prendre le fort était voué à l'échec, car il aurait été impossible de s'y tenir. En même temps, une série d'expérience visait au renforcement des forts. L'ère du béton et des cuirassement venait de naître ; et, en 1888, une instruction complémentaire, dictée par les expériences du camp de Châlons, dicta les premières modifications à apporter aux ouvrages. Villey-le-Sec se vit ainsi adjoindre à partir du 3 juillet 1890 de quatre casernes bétonnées en béton spécial : une au réduit, une dans chaque batterie et une au redan. Le tout pour une somme de 150 000 francs.

A partir de l'hiver 1905, les travaux , réalisés par l'entrepreneur Benoît estrade, portèrent sur le remplacement des caponnières du réduit par des coffres, la réalisation de communication à l'épreuve et la construction d'observatoires cuirassés. Le 7 février, la tourelle de 75 du redan (numéro 10) fut réceptionnée. En 1907, c'est au tour de la batterie Nord de se voir adjoindre une tourelle de 75 (numéro 13) et une tourelle de mitrailleuses (numéro 25). Le flanquement des fossés des batteries et du redan restera en l'état. Enfin, dernière construction à partir de 1912, le fort de Villey-Le-Sec devait être doté d'une batterie cuirassée pour deux tourelles de 155 court et si l'ensemble des substructions fut réalisé, les tourelles ne furent jamais installées suite à la déclaration de guerre
L'ère moderne

Suite à l'évolution des tactiques, et notamment l'emploi des canons à tir rapide permettant une mobilité accrue, on fut amené à reprendre l'étude de l'organisation des places fortes. Une nouvelle commission remplaça celle de 1887, la Haute Commission des Places fortes de 1899 et elle pu constater que les améliorations prescrites n'avaient pu être entièrement réalisées, suite au manque de crédit et de détermination dans les objectifs.

De la commission de 1887, on repris la structure des Places, en y intégrant de nouveaux progrès : béton armé et cuirassement. Mais ces changements importants obligèrent à sélectionner les forts à moderniser, vu le coût exponentiel des travaux ; travaux conditionnés par la nécessité de rendre opérationnel le fort en cours de modernisation. On comprend alors l'utilité d'un intervalle organisé, capable de soutenir un ouvrage en cours de travaux.

Un ambitieux programme de modernisation fut entrepris à Villey-le-Sec : l'ensemble du réduit fut réorganisé, la batterie Nord et le redan récurent de l'artillerie sous tourelle, seule la batterie Sud resta en l'état faute à la déclaration de guerre qui ne permit pas l'exécution de la tourelle prévue. Ces travaux débutèrent le 11 juillet 1903. L'ancienne entrée du réduit fut supprimée et remplacée par une caserne bétonnée neuve avec entrée au fond du fossé.

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Fort De Villey Le Sec

54840 Villey Le Sec

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