Situé en Haute-Marche, entre l'Auvergne et le Limousin, sur le plateau de Millevaches, à 15 km au sud d'Aubusson, le Domaine de Banizette est une très ancienne seigneurie rurale qui, dès le XVe siècle, était déjà bien organisée, siège d'un fief et d'une justice, comme en témoigne un jugement de 1474, rendu sur place, par son châtelain, Guillaume Coutellier, bachelier en lois, en présence des Seigneurs du lieu, Gabriel et Anthoine de Ribeires.
Trois ans plus tard, c'est Jean Anthoine de Bonneval, écuyer, Seigneur de Montvert, qui est Seigneur de Banizette. Marié avec Catherine Gabrielle de Lestrange, il n'a pas d'enfants et se dessaisit de tous ses biens en faveur d'un neveu de sa femme, Guy de Lestrange, peu après le mariage de celui-ci avec Catherine de la Roche, en 1516.
Guy de Lestrange, Chevalier, Seigneur de Durat et de Mareuges, qui se trouve ainsi également Seigneur de Montvert, de Magnac et de Banizette, est Gentilhomme de la Maison de Louis XII, puis de François Ier.
Au début du XVIIe siècle, un Notaire Royal, Léonard Rousseau, Seigneur de l'Age, est titulaire de la Seigneurie, qu'il laissera à sa fille Jeanne, épouse de Pierre de Miomandre de Laubard, écuyer du Roi Louis XIII dont il reçut ses lettres de noblesse en 1638, et au service duquel il mourut en 1641.
Pendant un siècle, cette famille va imprimer sa marque sur Banizette. Les quatre fils du dernier Miomandre, Seigneur de Banizette, Joseph de Miomandre d'Espies, devenu par mariage Marquis de Châteauneuf La Fôret, faisaient partie de l'Escadron des gardes du corps du Roi Louis XVI. L'un d'eux sauva la Reine Marie-Antoinette dans la nuit d'émeutes du 5 au 6 Octobre 1789, au Château de Versailles, où il fut très grièvement blessé.
En reconnaissance, Louis XVI le fit Chevalier de l'Ordre de Saint Louis en lui remettant lui même la Croix de l'Ordre. Chassés par la Révolution, les survivants de cette branche des Miomandre émigrèrent en Belgique, où leurs descendants demeurent encore.
En 1776, c'est un bourgeois du bourg de Felletin, proche de Banizette, Joseph Tixier-Dubreuil, qui racheta la Seigneurie, ce qui évita au Domaine de souffrir de la Révolution. Après avoir changé plusieurs fois de mains au cours du XIXe siècle, Banizette fut racheté en 1901 par Victor Barbin, avocat au Barreau de Paris qui s'y retira. Le domaine est resté depuis près d'un siècle dans la même famille.