Les atouts du Pays de Pompadour
A l’époque gallo-romaine, des propriétaires terriens du nom d’ARTONACUS, BASSUS ou BASSIUS, donnent leurs noms aux divers lieux occupés sur l’actuel PAYS DE POMPADOUR (ARNAC - BEYSSAC - BEYSSENAC etc..) et les fouilles à CONCEZE signent la même origine.
Dès le XIe siècle, la puissante seigneurie limousine des LASTOURS va dominer l’histoire de la Vicomté de POMPADOUR.
En 1026, Gui de LASTOURS construit un fort pour défendre ses possessions convoitées par le Vicomte de SEGUR. Avec son épouse Engalcie de MALEMORT, ils reconstruisent l’église d’ARNAC et y créent un monastère donné à l’Abbaye Saint-Martial de Limoges. Ils l’enrichissent des reliques de Saint-Pardoux dérobées à SARLAT.
Par le jeu des alliances, la vicomté passe aux LARON, puis aux FLAMENC et enfin, aux HELIE (en 1240) qui ajoutent à leur nom celui de la terre de POMPADOUR.
Au cours des siècles, la suzeraineté des POMPADOUR s’est étendue sur toutes les paroisses des environs. C’est à Geoffroi HELIE de POMPADOUR, alors prévôt d’ARNAC, évêque de Périgueux et du Puy, grand aumônier de France, qu’est due au XVe siècle la reconstruction d’un fastueux château sur la motte féodale.
Héritière en 1513 de l’illustre vicomté de COMBORN incluant la baronnie de TREIGNAC, la Maison de POMPADOUR avait accédé aux plus hautes charges : religieuses, militaires, politiques. Erigée en marquisat, elle s’éteint à l’aube du XVIIIe siècle. Disparaissent successivement JEAN III Marquis de Pompadour le 21 juin 1684, sa fille Françoise Marquise d’HAUTEFORT le 16 septembre 1726 et Mlle. St-Cyr, sa fille adoptive légitimée par CHOISEUL, en 1728.
L’héritage des POMPADOUR, disputé au cours d’un long procès entre le Prince de BOURBON-CONTI et le Marquis de LA VALLIERE, sera cédé à la favorite de LOUIS XV, Madame LENORMANT d’ETIOLLES, le 24 juin 1745. En septembre, elle reçoit le brevet la titrant Marquise de POMPADOUR. A la vente de son domaine en 1760, elle conservera ce titre et les armes.
Un an plus tard, au retour à la couronne des terres de POMPADOUR et avec la création du deuxième Haras royal, toute l’histoire de ce patrimoine sera rattachée au cheval.
Sur BEYSSAC, aux seigneurs de LA RIVIERE, succèdent les LIVRON venant de la région de VARS et OBJAT, mais originaires de LIVRON, près VALENCE en Dauphiné (cf NADAUD). Marguerite de LIVRON épouse Guy AUBERT, du proche village des Monts, frère aîné d’Etienne, futur pape INNOCENT VI de 1352 à 1362 à AVIGNON. Ce dernier a reconstruit à BEYSSAC l’église de son baptême. Quant au château de LA RIVIERE, actuellement en ruines, il serait dû, au XIVe siècle, à Goulfier de LIVRON neveu de Guy AUBERT(cf POULBRIERE).
En épousant en 1477 Françoise de BAUFFREMONT de Champagne-Ardennes, Bertrand de LIVRON part dans cette région et cède ses droits aux POMPADOUR (cf NADAUD). Ainsi, le domaine de LA RIVIERE se trouvera inclus dans le Marquisat de POMPADOUR.
BEYSSAC a, sur la terre de GLANDIER, dans un nid de verdure et en bordure de la Loyre, la seule chartreuse conservée en Limousin. Sa fondation remonte à 1219, suite à une donation d’Archambaud VI de COMBORN, en expiation d’un crime. Ce monastère a été soutenu au cours des siècles par de nombreux bienfaiteurs.
Abandonné et saccagé à la Révolution, il est acquis en 1817 par la famille POUCH-LAFARGE qui implante en aval une forge industrielle (1834). Le fils Charles épouse une parisienne, aristocrate, orpheline, Marie CAPELLE. Il va mourir quelques mois plus tard et sa femme, accusée de l’avoir empoisonné, est condamnée à perpétuité après un retentissant procès laissant toujours subsister un doute quant à sa culpabilité. C’est l’énigmatique "Affaire LAFARGE"
Les chartreux rachètent GLANDIER en 1860 et rebâtissent le monastère mais, à l’aube du XXe siècle, c’est à nouveau le départ en exil.
Actuellement, un important Centre de Santé occupe le site.
Pendant la reconstruction de la chartreuse, Marie LACORE, dite Suzanne, naît le 30 Mai 1875, à GLANDIER, où son père André LACORE est maître charpentier. Elle sera, en 1936, l’une des premières femmes secrétaires d’Etat (gouvernement BLUM), avec Irène JOLIOT-CURIE et Cécile BRUNSCHWIEG.