ée du contact entre la montagne et la plaine, traversée par l’Ariège et frangée d’une ceinture verte au relief modeste, Pamiers a toujours exercé une attirance particulière sur les voyageurs qui s’y sont arrêtés. Déjà en 1388, Froissart vantait les charmes de cette cité : " moult deduisante (plaisante) ".
Sur un site facile à tenir, point de passage obligé pour des relations rapides entre l’Atlantique et la Méditerranée, riche en eau et en terres, elle a rapidement fixé les populations. Des présences successives ont été relevées sur les hauteurs de la ville : coteaux du Terrefort (Vicaria), buttes du Castella et du Calvaire, rives de Saint-Jean.
Au Xe siècle, sur le territoire de « Frédélas » (l’actuelle Pamiers) est bâtie l’abbaye Saint-Antonin, dont la première mention écrite date de 961.
En 1111, un accord sous forme de paréage est conclu entre l’abbé Isarn et le comte de Foix, Roger II. Dans cet acte, le nom de Pamiers est donné au seul château bâti sur la butte du Castella (« Castrum Appamie », d’Apamée en Syrie, en souvenir de la participation à la première croisade du comte Roger II).
Le nom « Apamée », devenu plus tard « Pamiers », a donc été donné au château avant de l’être à la ville dans le courant du XIIe siècle.
Ce siècle est celui du premier développement de la ville. Mais les seuls témoins lapidaires de cette période de prospérité sont l’église du Mas Vieux à Cailloup et les portails romans de l’église du Mercadal (Cathédrale) et de Notre-Dame du Camp (remanié au XIXe s.).
Même la crise du catharisme n’entrave pas cette croissance. Pamiers, fief de l’orthodoxie, est récompensée de sa fidélité par le pape Boniface VIII qui crée l’évêché de Pamiers en 1295.
Une autre conséquence de la Croisade contre les Albigeois : l’installation dans nos murs des ordres monastiques chargés de lutter contre l’hérésie : Dominicains (rue des Jacobins), Franciscains (place des Cordeliers), Carmes (rue des Carmes) et Augustins (Loumet).
Le support économique n’est pas moins important : dotée d’un riche terroir et d’une main d’oeuvre abondante, Pamiers favorise un commerce actif dont les produits de base sont les draps et le vin. Renommé jusqu’à la Cour du roi de France, également vendu aux Anglais à Bordeaux, le vin était embarqué sur l’Ariège alors navigable, à partir de Pamiers, au port du Jeu du Mail.
Cette prospérité est gravée dans le décor urbain avec les maisons à colombages, les clochers, les tours de défense, ainsi que les canaux dérivés de l’Ariège qui alimentaient en eau les moulins tout en assurant la défense de la ville.
Pendant l’épisode douloureux des Guerres de religion, Pamiers subit d’énormes dégâts et il lui faut plusieurs décennies pour retrouver son lustre antérieur.
Sous l’administration des Consuls et sous la direction des grands évêques tels François-Etienne de Caulet (1645-1680) qui s’oppose à Louis XIV dans l’affaire de la Régale, ou encore Jean-Baptiste de Verthamon (1693-1735), d’importants chantiers sont ouverts : églises à rebâtir, palais épiscopal (actuelle Mairie), Présidial (Palais de Justice).
En 1789, Pamiers est une ville florissante de 5 000 habitants. Mais la période révolutionnaire lui porte un coup terrible : elle perd son siège épiscopal, son Présidial et n’est plus qu’un chef-lieu de district, elle qui espérait prendre la direction du département de l’Ariège créé en 1790. Elle reporte alors son énergie et ses moyens dans la révolution industrielle naissante : en 1817 est créée l’usine métallurgique qui devient, dès le XIXe siècle, le “ moteur " de la ville.
Enserrée dans ses canaux, Pamiers se forge un avenir qu’elle entrevoit serein à l’image de son développement démographique ou de la réussite de quelques-uns de ses fils, au premier rang desquels figurent Gabriel Fauré et Théophile Delcassé.
Après les dures secousses de la première moitié du XXe siècle, Pamiers repart de l’avant, sa population toujours accrochée à la terre, bien que son coeur batte de plus en plus au rythme de l’Usine et d’un commerce omniprésent.
Forte de ses 17 000 habitants, elle s’emploie actuellement à consolider les acquis pour justifier son rang dans le département, mais en privilégiant la recherche d’un cadre de vie amélioré, pour le plus grand plaisir des Appaméens et des visiteurs. Une façon de redonner tout son sens à notre devise : " Que m’a feit me gardo " (" Ce qui m'a fait me garde ").